La journaliste Madeleine Goubau publie La robe aux histoires, un album jeunesse consacré à la manière dont les vêtements s’inscrivent dans le temps. Son récit met en scène une enfant qui porte la même robe au fil des semaines et des saisons, au-delà de la seule question des matières utilisées.
Un récit centré sur la durée d’usage
Dans l’histoire, Juliette retrouve sa grand-mère chaque jeudi à la sortie de l’école. Celle-ci lui propose de choisir une tenue qu’elle remettra régulièrement. La robe accompagne alors des découvertes, des rencontres et des aventures, jusqu’à acquérir une valeur particulière pour la fillette.
Pour Madeleine Goubau, cette approche permet de déplacer la discussion sur la mode responsable. Elle estime que les débats se concentrent souvent sur la composition des textiles ou les technologies de recyclage, alors que la quantité de vêtements consommés reste un enjeu central.
« Quand il est question de mode durable, on parle souvent de fibre, si la fibre est recyclée, si c’est du coton bio, si c’est de la laine éthique ou non, ou encore des technologiques dont on devrait disposer pour recycler les vêtements. Ça fait en sorte qu’on ne parle pas du problème à la base, c’est-à-dire la quantité de vêtements que l’on consomme, peu importe de quoi il est fait. »
Madeleine Goubau
Faire durer sans moraliser
L’autrice revendique une histoire « inspirante et lumineuse », sans dimension moralisatrice. Son album repose notamment sur plusieurs idées :
- porter un vêtement à plusieurs reprises plutôt que multiplier les achats ;
- accorder de l’importance à la conception, aux matières et au confort ;
- créer un attachement susceptible d’encourager la conservation des pièces.
Madeleine Goubau considère que l’affection portée à un vêtement peut contribuer à modifier les habitudes. Selon elle, une pièce bien conçue, agréable à porter et achetée après un temps d’épargne est davantage susceptible d’être conservée. Elle souhaite transmettre cette idée par l’émerveillement plutôt que par la contrainte.
Un souvenir lié à un vêtement de plein air
La journaliste associe cette réflexion à sa propre expérience. Elle raconte avoir acheté à l’âge de 18 ans un polaire noir North Face, avant un voyage de six mois en Europe avec une amie. Vingt ans plus tard, elle indique toujours le porter. Elle décrit cette pièce comme suffisamment sobre pour ne pas être rattachée à une époque précise.